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vendredi 6 mars 2009

Un avocat, à quoi ça sert ?




A rien, sauf à nous prendre de l'argent, dirons les plus mal intentionnés ou ceux - malheureusement assez nombreux - qui auront eu une mauvaise expérience du système judiciaire, avec ses lenteurs, sa complexité vécue comme un manque de transparence, son jargon et ses rituels d'un autre siècle, ses décisions aléatoires et vécues comme des injustices et l'indisponibilité des avocats, qui courent par monts et par vaux d'un tribunal à l'autre et qui, par conséquent, sont souvent injoignables...

En fait, un avocat, ça sert surtout à éviter cela ! Un avocat expérimenté connaît les limites du système judiciaire. Et c'est pour cela que ses conseils peuvent être précieux. Il procède à une analyse préalable du dossier (comme le médecin procède à un diagnostic et fait, le cas échéant, procéder à des analyses et à des radiographies) afin de déterminer la meilleure stratégie, qui peut être judiciaire ou s'inscrire dans un processus de recherche active d'une solution transactionnelle. Cette analyse préalable objective du dossier - quel que soit le dossier - est absolument indispensable.

Agir directement en justice sans effectuer une analyse soigneuse du dossier équivaudrait à opérer un patient sans disposer de toutes les données (carnet de santé, radiographies, diagnostics, etc.)...

Ce conseil éclairé n'est pas une information juridique.

Sur le réseau internet, on peut trouver une masse impressionnante d'informations juridiques, souvent en accès gratuit, parfois précises et de bonne qualité, notamment lorsqu'elles émanent de sources officielles.

Mais prendre connaissance d'une information juridique est une chose. Savoir de quelle manière elle s'applique à son cas en est une autre, qui nécessite une longue formation et un (très) long apprentissage, qui se nourrit notamment de l'expérience acquise devant les tribunaux.

L'analyse d'un dossier qui conduit à un conseil personnalisé, se distingue en cela de la fourniture d'une information juridique. Seul un conseil juridique personnalisé après analyse du dossier peut éviter des catastrophes sur le plan financier et sur le plan humain.

Une scène bien connue concernant le prix des oeuvres de Picasso - toutes choses égales par ailleurs, tout avocat n'ayant pas nécessairement un talent équivalent à celui que Picasso avait dans le domaine de la peinture - résume la fixation du prix du conseil juridique personnalisé, souvent considéré comme élevé, voire injustifié :

" Combien vous dois-je ? ", demande une femme à qui Picasso vient de faire un portrait.

" Cinq mille francs ", répond le peintre.

" CINQ MILLE FRANCS ??? " , [...] " Mais enfin, cela ne vous a pris que cinq minutes ! "

" Non ", répond Picasso avec une fermeté qui ne laisse pas la moindre place à la polémique. " Cela m'a pris toute ma vie ".

jeudi 15 janvier 2009

Le SIRH et la qualité du service fourni par l'entreprise

Le SIRH est un système [d'information] intégré (de type ERP) qui regroupe les systèmes informatiques qui gèrent les ressources humaines, des plus classiques, comme la paye ou la gestion du temps, aux systèmes d’évaluation ou de formation. Le SIRH peut être lui-même une brique d’un ERP. (Source : "http://www.guideinformatique.com/fiche-sirh_grh_erm-414.htm").

L'idée qui préside à la mise en place d'un SIRH est, grosso modo, de permettre aux responsables RH de disposer d'une information complète sur toutes les données RH et de faciliter, en automatisant certains processus, la gestion des recrutements, la gestion administrative, la gestion de la paie, la gestion des rémunérations (grille et dossiers individuels), la gestion des compétences, des formations et des carrières et la gestion des temps et de l'activité (GTA).

Selon le discours officiel des cabinets de conseils, le SIRH utilise des "workflows qui irriguent toute l'entreprise", dans le cadre d'une "vision ERM - Employee Relationship Management" qui "met le salarié au centre du système", ce système étant "propre à valoriser le "capital humain""...

Le salarié est-il, en pratique, "au centre du système" ?

Prenons, par exemple, le SIRH de la SNCF.

Une étude de 74 pages a été consacrée à ce SIRH (http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-929). Le vocable "homme" n'a été employé qu'une seule fois. Mais plus remarquable encore, sur 74 pages, le vocable "salarié" n'a été employé qu'une seule fois...

La mise en place du SIRH de la SNCF s'inscrivait dans le cadre d'un projet industriel qui "se concrétise en 6 lignes d'actions" :

􀀹 Garantir la sécurité, la régularité et la fiabilité de notre production
􀀹 Offrir un service de qualité, proche de nos clients
􀀹 Conquérir de nouveaux marchés en France et en Europe
􀀹 Renforcer notre compétitivité face à la concurrence
􀀹 Equilibrer nos comptes pour accélérer notre développement
􀀹 Moderniser le management pour favoriser le dialogue, l'initiative et la prise de responsabilité.

Nul doute que grace au SIRH, ces objectifs ont été atteints.

Curieusement, ce n'est pas l'avis du président de la SNCF, des voyageurs, du président de la République et de quelques centaines de milliers d'autres personnes. La qualité de la gestion des ressources humaines - et la qualité du service fourni par l'entreprise - ne dépendrait donc pas de "l'efficience" de son système d'information ?

Considérer l'homme comme essentiellement un ensemble de données à caractère personnel à faire traiter par un système d'information - si complexe et adapté soit-il - ne serait-il pas foncièrement... une erreur d'appréciation de la nature et du fonctionnement de "l'écosystème" constitué par la communauté d'hommes et de femmes qui composent une entreprise...